Les marchands de sable

L’école est le reflet de la société qu’elle sert. Dès notre plus jeune âge, nous sommes tous·tes obligées de nous y rendre, enfermées de longues heures dans un bâtiment souvent en piteux état, contraintes à l’immobilité. Cette expérience est vécue de manière diverse. Si pour certain·e·s, elle permet de s’émanciper pour beaucoup d’autres elle est synonyme de décrochage, de souffrance et d’humiliation. Il est urgent de refuser l’enseignement tel qu’il est organisé et de prendre en main notre apprentissage !

La démocratisation est au point mort.

Soumis à la loi du marché, le système scolaire veut nous formater pour répondre aux besoins du marché et des entreprises. L’école est devenue le lieu de l’apprentissage de la hiérarchie, de la docilité, de la division du travail, de la ségrégation, de la reproduction sociale et de l’embrigadement idéologique. Le diplômes devient un produit de consommation ordinaire et un investissement individuel qui ouvre la voie à une rémunération plus élevée. Le système éducatif tel qu’il est organisé aujourd’hui ne peut satisfaire à ses objectifs de démocratisation et d’émancipation. L’école devrait permettre à tous les jeunes de s’épanouir, de se découvrir et de trouver une place comme acteurs critiques de la société. Cette émancipation ne peut se construire que sur le développement d’une capacité d’analyse critique de la société ainsi que des vérités et des savoirs qu’elle produit. L’apprentissage doit également être organisé de manière à détruire la stratification sociale. Nous voulons qu’il soit un instrument de lutte contre les inégalités culturelles, sociales et financières.

Pour une école hors les murs.

Nous voulons un autre modèle éducatif basé sur le plaisir d’apprendre et de découvrir, sur le travail collectif. Nous rêvons d’un apprentissage organisé sur base de l’autogestion au travers de conseils rassemblant les apprenant·es, les travailleur·euse·s scolaires ainsi que la population de l’espace concerné. Une école conçue comme une exploration collective de la société, une enquête hors les murs se basant sur les connaissances des jeunes pouvant être complétée par la mise à disposition de savoirs théoriques.

Nous devons retourner le rapport de force entre les précaires et les marchands d’éducation afin de rendre possible la construction d’un tout autre système d’apprentissage.

Nos revendications

  • Un financement intégralement public de l’apprentissage. Tout financement privé, qu’il s’agisse d’entreprise ou des étudiants constitue une menace pour son indépendance et sa vocation d’intérêt général ;
  • Un apprentissage intégralement gratuit (coûts directs et indirects), nécessaire au développement d’une vision de l’apprentissage basé sur le plaisir d’apprendre qui rejette l’idée individualiste d’un retour sur investissement ;
  • Le développement de lieux d’apprentissage libérés de toutes formes d’oppression, particulièrement du harcèlement et de la violence de classe. Les lieux d’apprentissage doivent être ouverts et accueillir chaque jeune comme il est et refuser l’idée de les formater. À ce titre, il convient de lutter contre toutes les dispositions discriminatoires contenues dans les règlements scolaires :
  • Un apprentissage de qualité pour tous·tes. Il est donc nécessaire que les lieux d’apprentissage soient dotés des moyens nécessaires, qu’il s’agisse des moyens humains ou des infrastructures. Ces moyens doivent permettre la réussite de tous·tes afin de lutter contre les inégalités de capital culturel ainsi que la mise en place de méthodes d’apprentissage alternatives ;
  • Un apprentissage qui refuse la certification et la compétition scolaire pour plus de collaboration et de travail collectif.
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